SITTEUR

Une station d’épuration écologique et novatrice

Chaque jour nous utilisons l’eau du robinet pour soi, la vaisselle, le lave-linge, les toilettes mais où partent les eaux usées et comment sont-elles traitées ? Explications sur le processus du traitement de nos eaux usées et ses enjeux écologiques et de santé publique.

 

 

EN CHIFFRES
Le Sitteur traite environ 30  000 équivalents habitants (Unité de référence de consommation d'eau).
>  Capacité des bassins : 12 700 m3
>  1  500  000 m3/par an d'eau traitée.
>  400 m3/heure - débit des eaux usées à l'entrée et à la sortie de la station - fonctionnement en continu.
>  99 % de la pollution des eaux usées est traitée par la station.

Un équipement du Sitteur

Le Syndicat Intercommunal pour le Transport et le Traitement des Eaux Usées et des Réseaux regroupe 13 communes (Angicourt, Bazicourt, Brenouille, Cinqueux, Les Ageux, Monceaux, Pontpoint, Pont-Sainte-Maxence, Rieux, Rosoy, Sacy-le-Petit, Saint-Martin-Longueau,  Verderonne). Ce syndicat a été créé en 1982 pour mutualiser les coûts de traitement des eaux usées. De 1984 à 2007, celles-ci arrivaient dans une station d’épuration située dans la zone d’activités Pont/Brenouille. Les normes de pollution évoluant, il a fallu construire une nouvelle station d’épuration, située à la sortie de la zone d’activité Pont/Brenouille sur l’axe reliant Les Ageux à la RD29. Celle-ci ouvre en novembre 2007. Construite par France Assainissement, filiale de Degrémont, et exploitée par la Lyonnaise des Eaux, filiale de Suez environnement, la nouvelle station respecte les normes Européennes et traite quatre fois plus d’eau que l’ancienne. Elle allie performance et écologie grâce sa serre de séchage solaire, HELIANTIS®. Cet équipement unique en Picardie permet de réaliser une économie de 100  000 € par an en coût de transport et de réduire les

émissions de CO2. Un système écologique et économique utilisé dans d’autres régions de France qui avait convaincu les élus lors de l’élaboration du projet. M. Coullaré, président du Sitteur, (vice-président en charge des Finances de la CCPOH et maire de Monceaux), a reçu le trophée Aquaplus lors du salon des Maires et des collectivités locales en 2011. Ce prix récompense les réalisations exemplaires dans le domaine de l’eau en matière de développement durable.

Comment fonctionne une station d’épuration ?

La station joue la carte de la transparence. M. Boidin, responsable du site, accueille volontiers des groupes d’adultes, des scolaires et des étudiants pour leur faire découvrir le cycle de l’eau domestique et les sensibiliser à la protection de l’environnement. « La station d’épuration fonctionne comme une usine. On a une matière première au départ : les eaux usées et un produit fini à l’arrivée : l’eau claire. » nous explique-t-il.

La dépollution des eaux usées se fait à 70 % par traitement biologique et à 30 % par traitement chimique.

Les eaux usées des particuliers et de certaines entreprises (eau préalablement traitée ou devant répondre à certaines normes) arrivent à l’ancienne station d’épuration qui a été transformée en poste de relevage. Celle-ci est dotée d’un bassin d’orage utilisé en cas de flux important. Les eaux sont ensuite envoyées vers la nouvelle station d’épuration grâce à un système de pompes. Un débitmètre situé à l’entrée et à la sortie de la station comptabilise les mètres cubes d’eau traitée.

Le traitement de l’eau s’effectue en 3 phases :

Premièrement, le prétraitement, permet d’éliminer les déchets volumineux et les graisses contenus dans les effluents. Un système de grilles, appelé dégrillage, retient les plus gros déchets (lingettes, serviettes hygiéniques...). Les eaux sont ensuite dessablées et dégraissées. 40 m3 de sable sont ainsi récupérés par an. Les graisses sont mises en suspension par un système de projection d’air puis traitées dans un biomaster. L’eau ressort de cette étape avec 30 % pollution en moins.

Deuxième phase, le traitement biologique. L’eau est répartie dans deux bassins d’aération (4  150 m³ chacun) où sont éliminés le carbone et l’azote grâce à des micro-organismes et des bactéries qui se nourrissent de la pollution. On ajoute aussi des sels de fer pour traiter le phosphore.

Troisième phase,  la décantation et la filtration. L’eau est aussi répartie dans deux bassins de 2 200 m³ chacun. Elle est séparée par des racleurs qui dirigent les boues vers le fond et l’eau claire vers la surface. L’eau épurée se déverse dans une goulotte carrelée en bleue où l’on peut apprécier la clarté de l’eau. Elle rejoint un canal de rejet où sont effectués des contrôles de conformité aux normes de qualité. L’eau finit son cheminement à quelques centaines de mètres de là, dans l’Oise.

Les boues sont pompées et renvoyées vers le bassin biologique. Une partie est conservée pour alimenter ce bassin en bactéries et l’excédent est envoyé vers la filière boue.

Les boues, composées d’une grande quantité d’eau, de matières organiques fermentescibles et de matières minérales, sont compressées et asséchées. Elles sont entreposées pour déshydratation dans la serre de séchage solaire qui fonctionne 7 mois dans l’année. D’une surface de 967 m2, elle permet de diminuer de 3 à 5 fois le volume des boues. Le restant de l’année, les boues sont transportées directement vers une plate-forme de compostage située à Bury, pour y être compostées ou envoyées en épandage agricole.

Afin de limiter au maximum les nuisances olfactives, l’air est aspiré et traité par deux filtres biologiques contenant de la tourbe et des fibres de noix de coco.

 

 

Que deviennent mes eaux usées ?

 

Une station à la pointe

Afin de répondre à des normes de dépollution de plus en plus strictes et précises, des études sont régulièrement menées, notamment sur la recherche de solutions pouvant éliminer les micropolluants.

En 15 ans, le traitement des eaux usées de la Vallée de l’Oise a permis d’améliorer la qualité de l’eau de l’Oise.